Ce texte regroupe des notes accumulées depuis quelques mois et des conclusions personnelles pour élaborer le volet Web d'une stratégie de communication pour un OBNL. Mes sources sont presque toutes indiquées dans le texte.
L'objectif est de proposer un cadre général pour insérer des services Web dans le plan de communication d'un OBNL sachant que ce type d'organisme n'est souvent pas à jour sur le plan des TI (technologies de l'information).
Une étude unique sur les organismes communautaires (avec une synthèse pdf) montre que les organismes communautaires ont des liens avec les autres organismes mais n'utilisent que très rarement les réseaux sociaux!
Note: Pour voir tout le document en une seule page, cliquer ici.
Historiquement, plusieurs organismes communautaires (mais pas tous!) ont eu des réticences envers les TI (technologies de l'information) et ont retardé significativement leur appropriation de cette ressource en se limitant au groupe d'applications "courriel, Word, Excel". Les ressources informatiques sont souvent désuètes, sans maintenance, sans formation et sans planification. En d'autres termes, le financement des TI est réduit à son minimum.
Leurs relations avec les agences gouvernementales et leurs bailleurs de fonds les ont incité à prendre l'informatique plus au sérieux. La plupart ont maintenant conscience de l'inéluctable présence du matériel informatique dans leur paysage à "haute teneur humaniste", pour en arriver à accepter que l'informatique n'exclue pas l'humanisme...
Pendant ces hésitations face à l'informatique, beaucoup de choses se passaient dans le monde des TI, et les OBNL sont encore assez étrangers aux ressources de base comme un partage structuré de fichiers, un calendrier commun, un carnet d'adresses corporatif, un site web dynamique, etc.
Maintenant que les réseaux sociaux se sont implantés, que le "cloud computing" (les ressources informatiques en ligne) s'affermit et que les médias traditionnels montrent des signes d'essoufflement, les OBNL font face à de nouvelles réalités et à des opportunités à saisir.
L'absence de structure organisationnelle des TI provoque son lot de tergiversations. Les directions vont laisser à des agents occasionnels des responsabilités importantes qui auront des impacts significatifs à moyen et long termes sur les besoins et les outils informatiques.
Combien d'organismes exploitent la version familiale de Windows, ou encore une version anglaise de Windows? Combien de sites web ont été produits par un programmeur bénévole et non pas sur un CMS (Ccontent Management System) ? Combien d'organismes ont une ressource attitrée à la publication sur le Web?
Pendant ce temps, Youtube, Facebook, les journaux en ligne et Google font partie du décor mais ne sont pas exploités.
Ce texte essaie de tisser un fil conducteur entre ces différentes technologies pour en faire un usage productif et offrir un plan d'action de départ.
Donnons-nous pour commencer quelques repères en traitant différentes ressources sur le Web comme des canaux de communication, tout comme le sont la radio, l'hebdo de quartier et la télévision.
Voici quelques caractéristiques à considérer:
On pense ici à cette caractéristique du web qui permet de lier des pages par une simple URL (adresse) et de pouvoir inclure sur son propre site web du contenu provenant d'un autre site.
On accordera une plus grande valeur à des "canaux" faciles à relayer sur d'autres sites (syndication, RSS), blogs, micro-blogs twitter/identica, Youtube...
Noter que ceci diminue l'intérêt de Facebook puisque c'est en "vase clos", donc limité à une clientèle restreinte. Voir ce texte pour quelques explications: http://www.michelleblanc.com/2010/07/06/facebook-vous-etes-pas-chez-vous/
Comme on peut identifier n'importe quel contenu par un simple lien, on désirera aussi en maximiser l'effet et permettre aux moteurs de recherche comme Google d'atteindre nos contenus facilement. La diversité des thèmes abordés et diffusés sur les divers canaux permet une indexation plus large et un retour vers "la source" (www.votre-site-web.org).
Ceci diminue aussi l'intérêt pour Facebook puisque les contenus n'y sont pas indexés par les moteurs de recherche.On le devine, la stratégie devra tenir compte des faiblesses inhérentes à un réseau comme Facebook.
Favoriser les canaux pouvant conserver les éléments longtemps afin de constituer une base documentaire qui se consolide avec le temps.
Même problème avec Facebook: depuis plusieurs années, les modes "techno" se sont succédées (CB, IRC, etc) et c'est maintenant le tour de Facebook. Notre stratégie devra s'adapter (ou survivre) à ces modes.
L'intégration des processus et l'automatisation des différents outils de communication deviennent importants. On voudra éviter la complexité afin de ne pas se retrouver devant un dédale de dépendances et des problèmes lors de la prise en main par les non-initiés. Comme nous cherchons à structurer l'utilisation des ressources Web, nous voudrons aborder la situation pour se l'approprier simplement, sinon sobrement.
En somme, on cherchera à simplifier le travail qu'impose une présence sur le web en privilégiant des caractéristiques durables.
Le tableau suivant, bien connu sur le Web, illustre 6 rôles joués par les internautes. Nous voudrons passer des 2 rôles au bas de l'échelle (inactifs et spectateur), à des rôles plus actifs.

(Source: http://mashable.com/2010/07/01/social-media-infographics/)

http://www.metiers.internet.gouv.fr/metiers-de-linternet
Importance d'une présence sur le web
Le contexte technologique nous permet de voir à quel point un site web et un blog sont importants. C'est l'assise de notre stratégie parce que nous obtenons la pérennité et l'indexation, la simplicité et l'agrégation.
La publication d'un site web n'est plus une fin en soi mais bien la clé de voûte d'un plan de communication articulé autour des ressources informatiques.
De plus, le site web peut être un excellent soutien à des activités comme:
Un site qui rend service est toujours une vedette!
Démocratisation des sites web et logiciels de publication
Publier un site web est devenu accessible mais il faut aussi noter que la bonne vieille manière n'est plus de mise. En effet, la construction d'un site "manuellement" par un développeur web est maintenant réservée aux grandes entreprises disposant de centaines de milliers de dollars pour leur site.
Les logiciels de publication de site web (Content Management Systems) sur le marché sont nombreux et la plupart sont gratuits (logiciels libres). Un exemple illustre: Barak Obama a fait toute sa campagne web à l'aide d'un tel CMS!
Un site "sur mesure" pour un OBNL est devenu un luxe, ou une contrainte, qu'on ne doit plus se permettre. Les services d'un développeur sont maintenant requis pour l'installation et la configuration initiale d'un logiciel de CMS. Le reste, on s'en occupe!
Les logiciels populaires sont Drupal, Joomla, Wordpress pour ne nommer que ceux-là.
Un site web aura 3 fonctions:
Site Web à jour présentant l'organisme
La présentation des services et programmes importe beaucoup, mais le style doit être actuel et en fonction de la lecture sur le web.
Les longs textes traditionnels apparaissent sur le web comme ternes, confus et ennuyants... peu importe leur qualité.
Un article à ce sujet jette un éclairage intéressant:
Le blog est un outil vivant
Il peut permettre aux visiteurs de laisser des commentaires comme sur un forum de discussions. Toutefois, il s'agit d'une option et ce n'est pas obligatoire. Malgré tout, certains diront qu'un blog sans commentaire n'est pas vraiment un blog... Il reste qu'un blog est un journal web (web-log), et qu'un journal sans lettres des lecteurs reste un journal!
Le contenu publié sur un blog sera souvent le résultat d'une revue de presse quotidienne ou le suivi de certains dossiers.
Expertise
Lorsqu'un blog réussit à s'affirmer comme source crédible d'information ou de commentaires, le succès de la stratégie web se confirme.
Un OBNL peut facilement offrir son expertise sur le web sous forme de conseils, de commentaires ou de discussions.
La notoriété d'un organisme devrait se refléter sur son site.

L'engouement pour Facebook s'explique de bien des façons, mais je vois FB comme un immense bottin, ou un grand carnet d'adresses. Les gens établissent des liens entre eux et babillent à qui-mieux-mieux... C'est un besoin inhérent à la condition humaine! Version moderne du feu de camp, du CB, du IRC et des forums de discussion.
Puisque que ce service est très fréquenté par les québécois (200,000+ comptes), notre présence semble y être justifiée. Toutefois, les clauses de propriété des contenus ne conviennent pas toujours et le public reste limité même s'il est concentré.
Les facteurs atténuant l'intérêt pour Facebook sont:
Notons qu'une compétition est en train de s'organiser pour offrir des fonctions équivalentes mais sans publicité ni divulgation d'info personnelle. Ce n'est pas pour demain, mais ce système ne sera pas éternel!
Microblogs

C'est un outil assez récent et moins connu par les québécois. Parmi les initiés, 2 systèmes se font concurrence:
Il s'agit d'un système d'alertes: de courts messages (microblogs) sont émis par une personne physique ou morale, et ces alertes sont reçues par les internautes abonnés à ces "fils de presse" individuels. C'est similaire à ce qu'on voit à la télévision sur les chaînes de nouvelles: la bande de texte qui défile dans le bas de l'écran.
La particularité d'un message de microblog est d'inclure une URL, donc un lien vers une page web. On verra alors souvent une alerte Twitter formulée avec le titre d'un article sur notre site web, accompagné de l'adresse de l'article.
La stratégie se présente comme suit:
http://www.afp.com/newsletter/guide-participation-reseaux-sociaux.pdf
Voici le résumé d'un article décrivant les tâches pour intervenir sur le web
(voir l'article au complet à ce sujet ici: source)
Il y a toutefois un piège à éviter! Les statistiques peuvent devenir une fin en soi et entraîner un comportement qui ne vise qu'à améliorer les statistiques sans vraiment apporter de contribution réelle. Certains vont s'attarder à leurs statistiques comme ils le font avec les résultats des sports...
Blog au sujet de la gestion de communauté
http://www.managerunecommunaute.com/?s=kimauclair
Choses à faire et à ne pas faire sur Twitter
http://mashable.com/2010/04/27/twitter-brand-dos-and-donts/
Do You Have a Conversation Strategy?
http://www.spinsucks.com/social-media/do-you-have-a-conversation-strategy/
Processus de "qualification"
http://www.readwriteweb.com/archives/how_to_evaluate_new_twitter_followers_flowchart.php?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+readwriteweb+(ReadWriteWeb)&utm_content=Twitter
Voici un autre résumé d'article traitant de la campagne de financement ponctuelle faite par un OBNL
Commencer par entretenir une communauté
Tisser des liens prend du temps. C'est ce réseau qui se tisse entre les gens que peut supporter Twitter. L'auditoire pourra vous citer, vous encourager et prendre part à vos actions. Des messages de gratitude et d'information entretiendront aussi ce réseau.
Spécifier clairement le but de la campagne
Indiquer clairement à quoi servira les fonds recueillis. Quelle sera l'aide procurée et à qui est-elle destinée.
Créer un engouement (buzz)
L'idée est de se distinguer et de faire ressortir ce qui est unique ou particulier. Associer à un concours, une telle campagne gagne en visibilité. Des liens avec les artistes locaux et les gens d'affaires peuvent aussi être mis à contribution.
Avoir une bonne structure en arrière scène
Les réseaux sociaux ne garantissent rien en terme d'entrées de fonds. Ils servent à diffuser les messages et à alerter les gens qu'un besoin existe et qu'ils peuvent participer. Une équipe doit être disponible pour assurer une présence sur les réseaux sociaux.
La brique a son importance aussi
Les échanges virtuels sont mieux soutenus lorsque les interlocuteurs peuvent s'identifier géographiquement. Les rencontres et événements publics ont leur place dans cette stratégie. Un lieu de rencontre permettant aux bénévoles et donateurs de se connaître et de fraterniser est un complément en créant un niveau d'engagement plus intense.
Se préparer, mettre en oeuvre... et laisser aller
Il sera impossible de contrôler la façon que le message se propagera sur les réseaux sociaux. Il ne faut donc pas avoir d'attentes et il faut savoir laisser venir...
Reconnaître la contribution des bénévoles et donateurs
Ce n'est pas seulement une question d'argent. C'est aussi une vision commune, un travail d'équipe et de persévérence.
Garder le contact
Donner des nouvelles sur la progression des projets et sur les besoins. Le réseau doit demeurer fonctionnel après une campagne et même prendre de la force. Il y a donc un lien à faire entre les "aidants" et les "aidés". Les réseaux sociaux peuvent s'étendre et entretenir ce lien.
Assurer une présence sur le web efficacement implique un minimum de ressources quotidiennement ou presque.
Bien que le titre de cette fonction ne soit pas encore clairement établi, on parle souvent des responsabilités de "community manager" ou "d'animateur de communautés". Ces responsabilités se décrivent en gros comme ceci:
Les métiers du social media marketing
http://www.fredcavazza.net/2010/05/13/les-metiers-du-social-media-marketing/
L'animateur de communautés est un poste fourre-tout qui recouvre en fait plusieurs responsabilité et surtout des compétences très diverses.
Mes conseils pour créer une communauté Web et une marque autour de soi
par Kim Auclair
http://kimauclair.ca/blog/creer-communaute-web-une-marqueautour-de-soi/
Ces descriptions sont assez techniques et servent ici à illustrer l'ampleur des tâches à gérer:
Cet article fait également référence à un autre article:
"pourquoi-le-community-manager-doit-faire-partie-de-lentreprise"
Qui a besoin d’un gestionnaire de communauté?
De plus en plus d’entreprises… Observatoire d'informatique libre québécois
http://oilq.org/fr/node/8234
Conseils pour la gestion de communauté
http://mashable.com/2010/04/13/community-manager-tips/
10 conseils
http://www.kriisiis.fr/index.php/10-conseils-et-astuces-pour-ne-plus-se-...
Le nouveau Facebook : Guide complet pour les éditeurs, les annonceurs, les utilisateurs et la concurrence
http://fr.readwriteweb.com/2010/04/26/a-la-une/nouveau-facebook-guide-co...
Médias sociaux en entreprise
http://www.slideshare.net/eticha/demystifier-les-mdias-sociaux-dans-votr...
Organisation d'un monitoring simple et gratuit:
http://thenextweb.com/lifehacks/2011/05/06/how-to-monitor-social-media-mentions-in-five-minutes-a-day/
Pour mesurer l'importance d'un compte Twitter (influence, popularité, engagement, confiance)
http://tweetlevel.edelman.com/
Pour visualiser les réseaux "amis" ou les affiliation
http://apps.asterisq.com/mentionmap/#
Fréquence et présence sur le Web
http://www.samepoint.com
Référencement sur google
http://blog.odomia.com/promouvoir-son-entreprise-gratuitement-sur-google...
evaluate-social-media-plan
http://mashable.com/2010/06/25/evaluate-social-media-plan/
tableau de bord
http://descary.com/hootsuite5-meilleurs-tableaux-de-bord-pour-reseaux-so...
Gestion du compte Twitter
http://manageflitter.com/
Social Mention:
http://www.socialmention.com
http://wiki.kenburbary.com/social-meda-monitoring-wiki
http://www.socialtalk.com/swf/media_player.swf
Je vous propose un article sur l'utilisation de Youtube: http://mashable.com/2010/03/26/non-profits-youtube/
Il est facile de constater à quel point les vidéos sont populaires et peuvent même devenir des vedettes internationnales! La production d'un lip-dub ou de courts clips vidéo présentant l'organisme ou quelques activités peut être un complément extrêmement efficace.
Ce complément devient une forme de journalisme dédié à l'organisme. Cette analogie fera bondir, mais bon! C'est comme ça.
La présence sur le Web est devenue incontournable et le recours aux médias traditionnels ne peut plus représenter le fondement d'un plan de communication.
Outre les coûts de la publicité avec un lectorat en baisse, l'avantage du Web est d'archiver et de constituer une base documentaire importante.
Le lieu central du plan est le site Web et les efforts doivent faire converger la fréquentation vers ce site. Les réseaux sociaux sont utilisés pour susciter cette convergeance.
La formation d'un réseau social doit aussi se concrétiser par un réseau réel (physique).